Il y a quelques jours, j’ai aidé une amie qui est en pleine période de déménagement. C’était opération déchetterie pour elle, avant le grand jour. C’est une période stressante.
Il y a un peu plus d’un an, c’était le mien. Et pas n’importe lequel : je déménageais d’une yourte à une maison de village sans jardin, après 7 ans.
Je quitte le rond pour le carré.
Je passe de l’habitat léger, où j’entends la nature à l’extérieur, à un mur hermétique où rien ne passe…
Je perds mon jardin… par contre, je gagne en surface à l’intérieur.
Ça m’avait tellement remuée…
J’ai perdu, mais j’ai gagné aussi.
Et quand j’ai, par deux fois en 7 ans, déménagé ma yourte, il y avait les affaires à déplacer, plus la yourte elle-même.
J’observe à chaque fois que c’est une période difficile, bouleversante.
Ça déménage émotionnellement aussi !
Cette période de déménagement est loin d’être anodine. En effet, nous sommes loin du nomadisme de nos ancêtres ou de certains peuples. Nos habitats sont sédentaires, et nous aussi. Donc, on accumule… on accumule… trop de choses à déménager.
Il y a à la fois un stress logistique, des questions associées, et des deuils symboliques.
Le stress logistique du déménagement
Il faut prévoir la date, le transport (le volume, la location de véhicules ou non…), demander de l’aide à des amis ou faire appel à une société de déménagement, récupérer des cartons, trier, jeter, donner, vendre…
Donner et récupérer les clés, fixer la date de l’état des lieux, gérer les frais engendrés (électricité, eau, fibre), inscrire les enfants dans la nouvelle école…
Pas le choix : un meuble, c’est difficile à porter seul.
Et cela pose des questions plus profondes :
- Est-ce que je sais demander de l’aide ?
- Est-ce que je serai aidé·e ?
- Est-ce que je me pense digne de recevoir de l’aide ?
- Est-ce que moi aussi je donne des coups de main ?
- Est-ce que j’aurai un retour ?
- Est-ce que j’ai peur de déranger en demandant de l’aide ?
- Ai-je des amis, de la famille sur qui compter ?
- La solidarité sera-t-elle au rendez-vous ?
Un déménagement vient toucher à notre rapport à l’aide, au soutien, au lien.
Le tri des objets : une charge émotionnelle
Et le tri des objets, on en parle ?
Difficile quand on se dit que ça peut servir…
Ou que « ce tracteur tout cassé, Justin, mon dernier, a tellement joué avec que je ne peux pas le jeter ! »
Eh oui… c’est la valeur affective de l’objet qui est en jeu, bien plus que son utilité.
Les deuils symboliques liés au changement de lieu
Et financièrement, combien cela va-t-il me coûter ?
Est-ce que j’ai les épaules solides pour assumer les différents frais ?
Mais ce n’est pas tout. Il va falloir faire avec des deuils symboliques, et ce n’est pas rien.
Faire le deuil :
- d’un environnement
- d’objets dont on se sépare
- d’une maison
- de voisins avec qui on s’entend bien (ou pas)
- d’amis proches du lieu d’habitation
- d’habitudes liées au lieu de vie : courses, loisirs…
Ces pertes de repères créent une insécurité plus ou moins grande.
Et si ce déménagement n’a pas été choisi — divorce, séparation, licenciement, vente du logement par le propriétaire — c’est encore plus difficile.
Alors soyez conscient·e que cette période de transition est compliquée.
Vous serez certainement plus indulgent·e avec vous-même.
Inutile d’en rajouter et de vous blâmer parce que cela ne devrait pas vous atteindre autant.
Un déménagement n’est jamais seulement matériel.
C’est aussi un passage émotionnel.